Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 13:40

Une heure sur pause pour laisser nos envies nous envahir.
Pour les voir naître, pour s’autoriser à les creuser et à rêver.

 

Une heure pour s’asseoir à une table à laquelle on n’a pas été invitée
et observer d’autres vies que la sienne, la bouche fermée. 

 

Une heure pour prendre l’air. De rien. Seule. Sur les quais. En plein jour.
Les joues rougies par le vent et l’afflux d’oxygène.
Au risque de voir son nez couler et ses idées divaguer parfois se noyer.

 

Une heure sans rendement. Une heure sans objet. Une heure perdue qui vaut de l’or.
Une heure pour s’inventer, se la raconter, espérer, renoncer, et pourquoi pas tout annuler. 

 

Une heure pour disparaître.

Une nuit pour recommencer.

Demain, promis craché.

Catherine Deneuve par Henry Elwing

Catherine Deneuve par Henry Elwing

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 16:26

Derrière la porte

 

Il est 9h07, à une minute près.

Tous les jours de la semaine sauf exception.

Le compte à rebours commence.

Huit heures exactement pour atteindre ses objectifs.

Pas une seconde de plus. On ne compte pas les heures sup.

Ne pas se laisser divertir, attendrir, ramollir, dépasser, submerger, défaillir.

Surveiller, étudier, contacter, créer, produire. Vaille que vaille.

Programmée pour s’affranchir des critiques imaginées, attendues. Parano.

 

Un rendez-vous pour prendre l’air et ne pas devenir folle, plusieurs fois par semaine.

Casser la routine, s’inventer des obligations et une existence dehors.

Garder une activité, s’entretenir avec le monde extérieur.

Bain de foule pour une hygiène quotidienne.

 

Liberté choisie. Rien n’est moins sûr aujourd’hui.

Indépendance au prix fort. Répéter qu’il n’y a aucun regret…

Se persuader. Mentir peut-être. Elle ne sait plus. La frontière est ténue.

Mais personne ne lui demande plus.

Refuser, luxe ultime dans sa situation, qu’elle vient de se payer.

Redoubler d’efforts pour apporter la preuve de sa place dans le jeu, de son importance. Qu’elle n’a pas perdu son temps, qu’elle met toutes les chances de son côté.

Qu’elle a sa part d’utilité, qu’elle ne se laisse pas aller, qu’elle n’en a pas profité.

Non qu’elle n’y était pas autorisée, mais parce qu’elle ne se le permettra jamais.

Reprendre le fil. Se fixer des objectifs.

Des actions à rayer de la liste pour avoir la trace qu’elle est responsable et organisée.

Et surtout pas assistée.

 

Chaque jour, recommencer.

 

Compteur à zéro, croit-elle.

On lui dit le contraire. Que ça paiera (tôt ou tard).

Personne ne s’inquiète d’ailleurs.

Ça la fait flipper, mais ne sourcille pas.

Elle s’est imposée une règle, celle de ne pas faillir en société.

Sourire même bêtement, ça vaut mieux.

Parler de rien, et surtout pas de soi.

La nuit, tous les chats sont gris, alors on oublie.

Au petit matin, la course recommencera et chacun replongera dans ses urgences.

Paraît qu’en ce moment c’est l’enfer sur terre.

Que les calendriers sont pleins jusqu’en juin prochain.

 

Y aller de son couplet, de ses plans sur la comète, de ses victoires en milieu stérile.

De ses doutes qui n’ont de place qu’à la pause déjeuner.

Payer un inconnu pour déverser ses larmes de pauvre fille qui n’a pas le droit de se plaindre. Elle s’excuse de geindre entre ces quatre murs blancs, à heure fixe.

Le canapé est froid et pour la promotion, faudra repasser.

Regard vers l’horizon bouché. Les stores sont baissés. Et les dés jetés ?

Dans la salle d’attente, les hormones sont en ébullition.

Y en a que pour eux. C’est de saison.

 

L’heure est aux derniers préparatifs.

Sur les réseaux, elle fait mine d’exister, de s’épanouir dans cette vie remplie de vide.

Le pire c’est qu’elle y prendrait goût à cette solitude.

Dans quelques semaines, un tsunami la traversera.

Elle le sait. La valise n’est pas encore prête. Le saura-t-elle jamais.

Elle lit, imagine des sorties quand bien même redoute les heures après minuit.

 

Se rêve à partir seule en escapade.

Faire le mur et rentrer à l’aube.

 

Demain, elle sera à nouveau liée.

Elle s’inquiète déjà pour lui, pour eux.

 

Eternelle ritournelle.

Elle ne changera pas. Il est trop tard.

Elle consulte des ouvrages qui ne parlent que de ça.

Et rien, pas même les écrits de ses contemporains qui racontent la même histoire

depuis la nuit des temps, la remet sur le droit chemin.

 

Alors…

 

Alors rien.

Elle espère qu’elle y verra plus clair demain.

Et que cet été sera bien.

Partager cet article
Repost0
24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 14:30

Messages à la pelle.

Destination. Organisation. Provisions.

Le féminin l’emporte sur le masculin.

#chargementale

 

Rien n’oublier pas même la lotion anti-moustique.

C’est la saison.

#perfectmother

 

Pousser les murs de nos appartements haussmanniens.

Se retrouver aux beaux jours, en plein air.

En juin, ce sera bien.

 

Comme un premier baiser au goût salé, chips aux parfums qu’on n’osait pas même imaginer.

Chercher et trouver dans chaque nouveau supermarché visité, chaque épicerie fine même et surtout à l’étranger, la perle rare sans huile de palme – ce lien croustillant et à forte valeur ajoutée.

 

Apprendre à partager.

Sauter la sieste.

Tenir son rôle, équilibre des forces.

Parenthèse sans anicroche.

L’éducation des enfants ne fera pas question.

Sans peur ni reproche.

 

Vannes sans limite de péremption – comique de répétition.

Madeleine de prout, l’option scato adoptée à l’unanimité.

Des règles il en sera question, on ne peut en faire l’exception.

 

Le point sur nos vies, nos envies…

Entretenir ce lien malgré la distance, les enfants, le quotidien.

Les absents.

On n’est pas si loin. On en a besoin.

 

Amitiés nées, partagées sur les bancs de la fac, dans une classe prépa, dans une chambre d’internat, lors d’un premier CDI, c’était dans d’autres vies.

Les amours de nos amis, il en va sans dire, entrent dans la ronde.

Plus on est de fous, plus on rit.

 

Il y a une décennie, nous pataugions dans le houblon.

L’odeur des saucisses cramées ne nous quittait pas avant les premières heures du lendemain.

Nos périnées n’avaient pas encore morflé.

Ils et elles nous suivaient.

En héro-ïne-s très discrets.

Avec, nous étions invincibles.

Avec, le monde reste à nous.

 

Jamais d’effusion, ni de promesses à l’emporte-pièce.

Aucune ombre au tableau encore ce jour.

Une après-midi sans loup.

Nos vies s’entremêlent.

Et on voudrait que jamais la lune ne se lève.

 

Il y aura des restes.

Partage équitable.

On repart plus chargé, rechargé.

 

Dans le RER du retour, la vérité sortie de la bouche de l’enfant innocent, évidente.

« C’était bien ».

 

Avant de s’endormir, on rêve à programmer de nouvelles équipées.

D'amourmitié.

Le Déjeuner sur l'herbe, Claude Monet

Le Déjeuner sur l'herbe, Claude Monet

Partager cet article
Repost0
10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 11:12

Torpeur dominicale.

Météo estivale.

Foule sentimentale.

 

Rue Soufflot,

Place est faite à une femme,

Une fois n’est pas couture.

 

Sans un mot.
Dans la cuisine,

Parité parfaite.

 

Partition à quatre mains

Pour un taboulé parfumé

À la menthe hachée.

 

Communier

Autour d’un déjeuner en paix.

Sainte Trinité.

 

Cérémonie historique,

Écoutée religieusement

Sur les ondes publiques.

 

L’entrée de Simone au Panthéon.

Dans son ombre, dans ses pas,

L’amour qui ne quitta jamais ses bras.

 

Sa voix, les hommages anonymes,

Les commentateurs qui comblent le vide,

Le cœur et l’esprit.

 

Et le silence des camps aussi. 

 

À nos filles, à nos fils.

De la pudeur. Et la grandeur d’une vie.

De l’horreur aux honneurs.

 

Il faudra dire et ne jamais faillir.

Être toujours dignes et intangibles.

Que rien n’est jamais acquis.

 

A jamais, rester éveillés.

Nous rappeler ce matin d’été.

Que nous fassions bon usage de l'héritage de cette femme pour nous protéger de l’obscurité.

Simone Veil

Simone Veil

Partager cet article
Repost0
25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 17:16

Aux commandes pour parer aux regrets.

Sur une terrasse au soleil, un allongé.

 

Au comptoir, un expresso à nouveau

Pour tromper les heures sans sommeil.

 

Le Parisien pour espérer un alignement des planètes.

Des parisiennes nées en 2000 encore à la fête.

 

Leurs exploits fiévreux de samedi.

Leurs lèvres rouges, leurs mythos,

Leur aplomb, leurs excès en stéréo.

Avant minuit, j’étais au lit.

 

Au compteur, des journées,

Des semaines, des années passées,

Perdues dans les doutes et détours par une voie qui s’annonçait royale…

De toute évidence.

Tu danses ?

 

Histoire de famille.
Ne restent que les nuits à évacuer la bille.  

 

 

Demain, dès l’aube, le silence de la ville nous plongera dans une immense mélancolie.

A fleur de peau, il faudra résister à cette vague, à cette mélodie.

 

Créer de nouveaux repères, cette nouvelle vie.

Accepter cet ébranlement.

Et ce que cela demande,

Cette toute puissance, cette vulnérabilité infinie.

 

Accueillir ce corps, créer cette fraternité.

Il faudra nous trouver.

Entre animalité et nouvelle responsabilité.

Jouer double. Ne pas se diviser.

 

Que nous soyons à lui, il ne demandera rien d’autre.

Il ne sera plus à moi.

Il sera cet autre.
Et avec lui, nous renaîtrons une nouvelle fois.

Partager cet article
Repost0
Cha - dans café épiphanie
23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 17:48

Atterrissage en douceur.

Une chaleur étouffante nous cueille sur le bitume.

Le temps de récupérer les clefs du bolide, nous prenons la mesure d’une conduite en sens inverse. Ce n’est pas une première, à la différence que dans l’hémisphère sud nous étions soutenus par une boîte automatique et des routes désertiques. Ici, la pression démographique semble imposer une appréciation toute différente des codes à adopter en matière de maîtrise et de déplacement de son véhicule dans un environnement, que nous qualifierons de compétitif. On découvre au premier rond-point que les plus téméraires d’entre nous préfèrent la voie du milieu pour parer à toute hésitation d’être du bon côté de la chaussée. Les forces de l’ordre d’ailleurs, dont nous avons testés involontairement à deux reprises leurs connaissances en matière de savoir-vivre automobile, n’ont pas été choqué par nos infractions au code de la route. Parions que c’est leur façon de souhaiter la bienvenue à des touristes pour le moins déboussolés.

 

Cette immersion sans ménagement dans un trafic saturé a eu sur le pilote et son co-pilote l’effet d’un catalyseur d’émotions. En découvrant l’itinéraire et les coutumes locales, nous n’avons pu résister à un échange urbain de conseils avisés quant au changement de vitesses et au respect des distances de sécurité et de la limitation de vitesse. Avec pour ambiance sonore, la radio qui diffusait les tubes pop appréciés (matraqués ?) par la jeunesse locale.

 

Nous ne pouvions pas imaginer meilleure introduction à des vacances au soleil, sous l’œil médusé d’une progéniture qui choisît intelligemment de garder le silence pendant que le moteur tournait.

 

Dois-je préciser que le mâle était aux commandes et qu’au-delà d’une bataille d’ego, se jouait dans l’habitacle, une guerre des sexes ? Avais-je le droit de rappeler quelques fondamentaux de mécanique à l’homme de ma vie sans que sa virilité ne se sente menacée.

 

Je regrettais d’avoir renoncer à une assurance tout risque et me voyais déjà faire appel à la bonté divine pour nous protéger des sorties de route – l’omniprésence des églises et des statues à l’effigie de Jean-Paul II réveillait en moi la dévote que j’étais à l’âge de ma première (et seule) communion.

 

J’essayais de ne pas crisper ma main sur la poignée de la porte et de me concentrer sur les informations délivrées par le GPS pour arriver à destination sains et saufs. Je savais que de son côté, il faisait de son mieux pour gérer un stress à peine palpable et assumer son rôle de père de famille. Je savais qu’il ne rêvait que d’une seule chose, m’abandonner sur le bas-côté. Mais sa conscience parentale l’en empêchait et aussi certainement le fait que je détenais l’adresse de notre point d’arrivée, dont il avait pris connaissance en démarrant le moteur. Je me remémorais les séances pathétiques de conduite accompagnée avec ma mère pour ne pas tenter de lui imposer pareille expérience de stress. Je me rassurais en faisant confiance à son sens inné de l’orientation et à, comme il aime à la qualifier, sa « conduite sportive mais familiale ».

 

Outre quelques démarrages en 3e, sa spécialité, et une priorité à droite (gauche ? Je ne sais plus, je n’ai jamais su.) complètement grillée, nous arrivâmes sans une égratignure à notre hôtel, juste à temps pour profiter d’un plongeon dans la piscine et un dîner cheezy au bord de la mer.

 

Avant même de pousser un soupir de soulagement, avant même d’avoir pu décharger les valises, il tua mon enthousiasme dans l’œuf. En sortant du véhicule, il me tendit les clefs et m’adressa cette phrase assassine : « demain, tu t’y colles ». Sans sourciller, j’acceptais de relever le défi. Puis, après quelques secondes de réflexion, je me demandais s’il n’était pas plus sage pour la suite de notre périple de préférer jouer le coup de la panne et d’éviter ainsi les dérapages incontrôlés.

 

...

J’avais hâte de lui montrer ce que j’avais sous le capot
et de lui faire une démonstration de mes plus beaux créneaux.

Partager cet article
Repost0
18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 17:40

L’univers s’ouvre à nouveau sous nos yeux.

Sous nos pieds le vertige est palpable.

Avec cette lumière d’été, l’envie de se découvrir, de sortir de soi.

Reprendre là où nous nous étions arrêtés.

Il y a des années, un siècle, une éternité.

 

Nos corps se réveillent après une hibernation qui n’a que trop duré.

Est-ce la perspective d’une prochaine parenthèse qui bouscule notre sécurité ?

Plans sur la comète.

La sensation de pouvoir atteindre des territoires encore vierges.

 

Nos réserves disparaissent.

Nous nous surprenons à veiller tard,

À nous projeter hors de la zone autorisée,

À repousser d’un revers de la main la logistique,

Frein à nos désirs increvables et pourtant auxquels nous avions sans mot dire,

Renoncés.

 

Un nouveau chapitre s’annonce.

Réminiscence.

Nous connaissons la saveur des états d’âme qui vont nous chambouler.

Des vagues vont nous éclabousser jusqu’à nous emporter avec elles.

 

Nous savons nager.

Nous apprendrons mieux encore à nous laisser porter par les flots.

Nous nous mettrons à l’abri dans des criques, loin de la fureur de la ville.

Nous accepterons de ne pas tout maîtriser, d’être submergés,

Sur le sable, de nous abandonner.

Nous nous couvrirons de baisers salés.

Nous nous jurons qu’aucun grain ne viendra enrayer nos promesses.

 

Nos lèvres retrouveront le goût de notre premier amour,

Quand nous nous croyons seuls au monde.

 

Nous nous autoriserons l’ivresse des bouteilles à la mer.

 

Nous avons pour nous l’éternité et un jour.

Et ce soir.

Encore.

Partager cet article
Repost0
Cha
21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:41

Ce n’est pas la porte à côté.

On nous avait prévenus : 

« Ne prévoyez rien à la suite, et prenez le temps d’y aller, savourez ».

 

On arrive le ventre plein et la tête vide d’a priori, vernis d’avoir des amis qui nous ont fait ce cadeau. Ravis de plonger dans l’inconnu, à la frontière du réel, au milieu du bois.

On nous place au premier rang. Si le besoin s’en faisait sentir, il nous serait impossible de partir incognito. On a le nez dans le décor, une chambre. Aussi, pas le droit de s’assoupir, on se ferait griller au premier clignement de paupière*. On se tient droit sur le banc des invités. On attend quelques instants que le voile vaporeux qui fait office de rideau se lève et que le spectacle commence.

 

En quelques secondes, on est happé, propulsé en Inde, dans la moiteur d’une nuit rêvée. L’histoire n’a que peu d’importance tant cette pièce embrasse les peurs actuelles avec une aisance et une maîtrise sans jamais faire la leçon et jouer de misérabilisme. C’est riche de sens, rempli de références, sensible et magique. Les cauchemars les plus profonds se mélangent à une imagination débordante. On danse, on invoque les esprits, on révise les classiques, on questionne les apparitions, on pleure aussi - parfaite catharsis. Mais cette chambre si elle est le théâtre d’un monde à la dérive, est méticuleusement ordonnée, rien n’y est facile, tout y est réfléchi, pensé. Les doutes qui traversent la pièce, s’ils n’accouchent pas de solutions évidentes, n’en demeurent pas moins des repères pour éviter la dérive de nos âmes.

 

Dans cette chambre qui n’est autre que la nôtre, dans cette insomnie imposée par d’autres, dans la recherche de ce temps perdu, les démons luttent avec notre ego, notre volonté de changer le monde et ce sentiment d’impuissance qui nous submerge trop souvent quand le soleil se couche.

 

On cherche la lumière, le moindre signe d’humanité dans ce fracas que rien ne semble perturber.

 

C’est parfois naïf. Et alors ? Pourquoi nous méfier, refuser les bons sentiments, ne serait-ce qu’une fois ? Leur donner leur chance, croire en leur pouvoir face aux coups tordus qui ne donnent que trop peu de résultats satisfaisants ?

 

Loin d’être une utopie, cette chambre en Inde fait l’effet d’une cure d’innocence, et réveille en nous, l’envie d’un printemps solaire, ici et ailleurs, seule et avec de la compagnie.

*On sera tenu en haleine durant toute la pièce sans en perdre une miette.

Une chambre en Inde, création collective du Théâtre du Soleil

Un dimanche au soleil
Partager cet article
Repost0
13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 16:50

L’automne prochain, on ira loin et pour cela la mode ne lésine pas sur les moyens.

Voyage voyage. Au programme, balade en forêt pour respirer (s’il reste encore quelques arbres… et avec la télé allumée), sortie au skatepark pour graffer, affiche publique dans les rues pour déchirer comme Villeglé, prise de tête au bloc opératoire et retour vers un futur néoclassique. La boucle est bouclée.

 

Entre les dragons apprivoisés chez Gucci et les pulls qui disent « non, non, non » chez Dior, on ne se remet pas de la polémique si attendue – puisse-t-il en être autrement aujourd’hui – sur l’impact écologique supposé d’une telle débauche de moyens, déclenchée par l’appel de la nature chez Chanel (qui bizarrement épargna Coach 1941 avec une idée similaire à New York la même saison).

 

Pourquoi de telles mises en scène toujours plus magistrales proposées par les marques pour faire parler d’elles au moment des défilés et le rapport inversement proportionnel entre le coût (financier, humain, etc.) à leur durée de vie (une poignée de minutes) ?

C’est le propre de ces évènements, me direz-vous. Et faire ce genre de calculs prouverait notre méconnaissance du sujet, tant d’un point de vue business qu’image.

 

Pourtant, la question est légitime, au regard d’initiatives de plus en plus nombreuses et ingénieuses pour faire vivre une mode responsable mais tout aussi innovante et inspirante.

 

Certaines maisons depuis des années, ont fait du recyclage par exemple, leur raison d’être à l’instar d’Andrea Crews. Ok, on ne mélange pas les torchons et les serviettes mais si on compare un Petit Poucet de la création avec des loups du marketing, on pourrait imaginer d’autres fonctions à ces catwalks, le temps non pas d’amorcer l’investissement mais d’en faire matière première à création. De même, qu’on pense à la reconversion des infrastructures construites à l’occasion des Jeux Olympiques, pourquoi ne pas s’amuser à proposer un temps donné, une nouvelle fonction à ces décors incroyables et profiter de ces emballages encore un peu après l’ouverture du paquet cadeau, comme des enfants ingénieux ?

 

Est-ce un vœu pieux, une hérésie que de vouloir prolonger l’effet euphorisant de ces décors tels quels après le défilé, ne serait-ce un jour ou deux, pour les besoins d’un film, de photos, ou que sais-je encore ? Ou bien d’imaginer une structure complètement démontable, transformable, zéro déchet mais maxi effet ? Cette façon de faire serait-elle dépourvue de magie ?

 

Mieux encore, de créer des défilés où le décor aurait valsé et dans lesquels les invité-e-s ne seraient plus de simples spectateurs comme l’a fait le label berlinois Dumitrascu en septembre dernier à la station Rambuteau.  

 

Imaginer que Karl donne rendez-vous dans le métro, le vrai, à la crème de la crème, avec pour carton d’invitation un ticket à composter, ça ferait son petit effet, non ?

 

On peut toujours rêver.
La suite au prochain défilé.

Défilés Prêt-à-porter Automne-Hiver 2018/2019

Défilés Prêt-à-porter Automne-Hiver 2018/2019

Partager cet article
Repost0
8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 10:13

Parce que la musique paraît-il adoucit les mœurs mais aussi met du baume au cœur à l’ouvrage, en cette journée internationale de lutte pour les droits des femmes, proposition d’une playlist de huit morceaux pour tout-e à chacun-e à écouter et compléter sans modération.

 

Claire Laffut – Vérité

 

M.I.A – Bad Girls

 

YAS – Get it right

 

Fishbach – Un autre que moi

 

Las Aves – N.E.M.

 

La Femme – Si un jour

 

Peaches – Boys wanna be her

 

Julie Roué – Revolution Day

 

Las Aves - N.E.M.

Las Aves - N.E.M.

Partager cet article
Repost0
Cha - dans Féminisme 8mars Musique

Présentation

  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
  • Contact

Recherche

Liens