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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 11:17

Après la rencontre de l’idéal cowboy,

Envie de choisir une monture et de partir à l’aventure.

Conquérir ce qui est vu d’ici comme le nouveau western.

 

Jouer son jockey.

Pas de limite, entre fiction et réalité.

Apprivoiser l’animal, faire corps avec lui et trouver sa place dans la société.

Devenir cavalier.

Créer pour parader pour exister.

 

Le temps d’un concours épique en tenue d’apparat, mettre à l’unisson la communauté
et amorcer une grande chevauchée.

 

La soif de liberté viendra de l’amour de son poulain.

 

Dans cette course hors compétition, les derniers seront les premiers.

 

Mohamed Bourouissa à travers « Urban Riders », réinterprète en quelque sorte le mythe de Pégase, y trouvant une nouvelle source poétique qui nous enchante, non sans nous surprendre.

 

Entre The Wire et nos souvenirs de kermesse, on se prend à vouloir faire un tour dans le manège.

"Urban Riders" par Mohamed Bourouissa, Musée d’art moderne de la ville de Paris, jusqu’au 22 avril 2018

"Urban Riders" par Mohamed Bourouissa, Musée d’art moderne de la ville de Paris, jusqu’au 22 avril 2018

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 13:15

Au cœur de la Fashion Week parisienne et à une semaine de la Journée Internationale des droits des Femmes, l’annonce d’une nouvelle ligne Homme par Jacquemus à la fin de son défilé Femme prêt-à-porter Automne-Hiver 2018-2019, faisant suite à la déclinaison du vestiaire Isabel Marant pour les mâles ou encore la très attendue nouvelle ligne Homme de Céline par Hedi Slimane pose question. L’homme serait-il l’avenir de la femme dans cet univers parallèle mais ô combien palpitant qu’est la mode, toujours - encore - à l’avant-garde ?

 

Comment analyser ces annonces en contradiction apparente avec deux phénomènes majeurs qui actuellement structurent les débats de société ? En effet, entre la parole des femmes qui se libère pour dénoncer des comportements archaïques et revendiquer l’égalité de leurs droits et une liberté entière de leurs actes, et la remise en cause du schéma binaire réducteur soi-disant complémentaire « homme-femme » aujourd’hui éculé et obsolète au vu des transformations profondes de nos identités, l’enjeu ne serait-il pas un dépassement (et non une annihilation) des codes genrés davantage qu’une affirmation de deux vestiaires distincts ?

 

Certains ont déjà pris la tangente et proposent des shows « CO-ED » (mixtes) tels que Burberry, Vivienne Westwood, Kenzo ou encore Balenciaga. Le label Vêtements d’ailleurs depuis ses débuts propose un dressing « no gender ». Au-delà des pièces présentées, la confusion des genres s’incarne de plus en plus chez les mannequins. Comment ne pas mentionner à ce titre l’initiative de Playboy d’avoir choisi une beauté transgenre, pour sa couverture de novembre dernier.

 

Qu’implique l’élaboration d’un vestiaire homme qui plus est pour une maison comme Jacquemus ? Ses mannequins seront-il aussi sensuels que le sont ses créatures féminines ? Aurons-nous autant de plaisir à apprécier la douceur d’une épaule masculine qui se dévoile sous un tissu évanescent, le coup de pied d’un bellâtre ou encore la cambrure de ses reins ? En clair, le corps des hommes sera-t-il autant un objet de fantasme ? Ou jouera-t-il avec une androgynéité nouvelle ? Nous sommes impatients de découvrir ce que Simon Porte Jacquemus, le créateur, nous réserve et s’il aura idée d’aller piocher dans le dressing de ses amies, mère, sœurs pour inventer l’homme à son image.

 

Car si le corps des femmes a trouvé quelque réconfort et émancipation chez des créateurs tels que Chanel, Yves-Saint-Laurent pour ne citer qu’eux, n’ayant aucun tabou à emprunter au vestiaire des hommes, quelle pièce pourrait à ce point rebattre les cartes du jeu dans un mouvement inverse ? Le paradoxe étant que les basiques aux attributs féminins ont été des symboles d’inégalité pendant des siècles.  Illustration par un exercice pratique : « comment répondre à un garçon de quatre ans qui demande pourquoi lui ne porte jamais de jupe ou de robe contrairement à ses amies à l’école ? ». (N’hésitez pas à partager vos réponses).

 

Les clichés vestimentaires ont la vie dure, au-delà de l’incontournable bleu pour les garçons/rose pour les filles. Et restent très codifiés socialement. Pour preuve, la dernière initiative de La Redoute qui a l’occasion de la Journée de la Femme digitale en avril prochain, lance une ligne de chemises blanches personnalisables pour « donner envie aux femmes d’oser, d’innover et d’entreprendre et installer cette ligne de chemises blanches comme un symbole de l’entrepreneuriat et de l’intrapreneuriat au féminin » (dixit le communiqué de presse). Est-ce futé que de jouer avec les codes du patriarcat (cf. les cols blancs versus vers les cols bleus) afin d’appeler à l’émancipation des femmes ? Le débat est ouvert.

 

Autre interrogation légitime même si relevant d’un mauvais esprit à propos, le prix des pièces pour hommes sera-t-il 24% plus cher que celui des pièces pour femmes ? Si l’argument n’est pas vendeur (encore que), il n’en ferait pas moins un excellent coup de communication.

 

Outre la curiosité suscitée par ces révélations et les interrogations d’ordre esthétique qu’elles soulèvent (L’homme Céline sera-t-il aussi cérébral que son alter-ego féminin ? Jack, le jean d’Isabel Marant Homme, deviendra-t-il un objet de désir et remettra-t-il le boyfriend sur le devant de la scène ?), espérons que cette dynamique paritaire – est plus encore égalitaire – dans les vestiaires mette à jour la seule vraie règle du genre qui soit, à savoir, qu’il y a autant de différences entre un homme et une femme, qu’il y en a entre deux femmes ou deux hommes, ou deux individualités qu’importe la façon dont elles se définissent l’une et l’autre.

 

La guerre de tous les sexes pourrait-elle finir au placard ?

Coming (out) soon.

Hedi Slimane ; collection Homme Isabel Marant ; Simon Porte Jacquemus

Hedi Slimane ; collection Homme Isabel Marant ; Simon Porte Jacquemus

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 12:16

Dans le désert, tomber amoureuse d’un mirage en bottes et chapeau de cow-boy.

Grain de sable qui enraye la mécanique.

Le décor est planté et Cupidon n’a pas manqué une occasion pour appliquer une recette, est-elle non moins sans danger pour les personnes concernées ?

 

Objet transitionnel de cette révolution en marche : un taciturne à cheval.

Réveil d’un désir enfoui comme du pétrole sous la glace.

Voyage au centre de la tête et des reins de notre héroïne qui rêve de retrouver l’ivresse des plus belles années.

Il n’en faut pas plus pour alimenter le fantasme et bousculer le couple aux corps évanouis.

L’ingénue et son mari qui ont passé l’âge des premiers émois, tenteront une approche pour le moins inattendue à l’heure de la surenchère et du numérique : l’écriture épistolaire.

 

Noir sur blanc, elle et lui décortiqueront sans langue de bois et sans feindre une pudeur malvenue, les étapes de cette épiphanie. Dialogue avec son partenaire officiel en toute impunité. Les cartes de l’intimité sont rebattues. La routine laisse place à un ego trip en duo aussi inédit que déroutant.

 

Amoral, instructif et inspirant, cette déclaration d’amour autant que manifeste d’envie d’avoir envie interpelle par sa sincérité troublante.

 

Ce qui nous agace d’abord, ces mots sans retenue qui bousculent sans qu’on s’en aperçoive nos tabous et les mettent à jour, nous amène à remettre en question nos certitudes, nos limites et à nous avouer nos propres désirs aussi incongrus, anodins et jusqu’alors non assumés ni même exprimés.

 

La quête d’une possible oasis de liberté, au cœur de cet infini de possibles se révèle être la première étape d’un voyage qui, espérons-le, ne restera pas spirituel.

 

La Catharsis est en marche.

A lire ou à regarder, vous avez le choix pour votre entrée en matière.

 

 

Au commencement était le verbe
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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 15:06

Entre dix et quinze centimètres.
La Capitale est métamorphosée.
La circulation est au ralenti et l’excitation à son comble.
L’ambiance est électrique.
Plus rien ne va.

 

Et avec la neige tombent les diktats de la mode.
Vive le hors-piste.

 

Si quelques imperturbables ne changent rien à leurs habitudes vestimentaires et bravent les éléments en veste demi-saison (on les soupçonne d’avoir a minima investi dans un Damart), d’autres ne résistent pas à l’appel de la poudreuse et ont déballé les après-ski à l’annonce du premier flocon.

 

Dans ces moments météorologiques « exceptionnels », le fashion faux pas est toléré, accepté voire recherché. La neige avec les grandes chaleurs représentent une parenthèse enchantée où le bon goût est mis sur pause, débridant une créativité parfois insoupçonnée.

L’apparition de fourrures de tous âges, héritées ou simulées, portées en toute impunité par tous les genres, de la tête aux pieds réveillent nos instincts primaires de chasseur. On se dit qu’en ces derniers jours de soldes, il serait dommage de ne pas tenter sa chance et d’apprendre à tirer parti d’une occasion en or blanc pour assouvir cette envie de peau de bête (et de cheminée). Celle-ci n'étant plus réservée à la voisine octogénaire du deuxième ni au Mac Pimp, héros d’Iceberg Slim. Certains optent pour des solutions textiles high tech et les couleurs fluo qui vont généralement avec, histoire d’être repérables à cent mètres à la ronde, même aux heures de pointe dans le métro.

 

Il n’est plus question de respecter des codes sociaux mais de s’adapter à la nature avec les moyens du bord. Il y a quelque chose d’émouvant à exhumer de ses placards une écharpe pure laine tricotée et offerte par mamie il y a de cela des années, dont on n’a jamais réussi à se séparer, mais jamais portée car ne correspondant pas aux tendances du moment. A y regarder de plus près, aujourd’hui, elle pourrait passer pour une Missoni.

 

Entre deux fashion weeks, le spectacle continue dans la rue et nous sommes au premier rang pour apprécier l’avalanche d’ingéniosité des passants qui défilent sous notre nez comme un hommage vivant à Balenciaga.

 

On se dit alors, le carnaval approchant, qu’on serait tenté nous aussi de sortir le grand jeu par grand froid et de revenir à nos amours d’enfant de déguisement, quand notre premier réflexe est de vouloir nous fondre, encore et toujours dans le décor.

 

Let’s play.

Instagram Balenciaga

Instagram Balenciaga

Instagram Sophie Fontanel

Instagram Sophie Fontanel

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 16:14

Janvier 2018, Place Vendôme, Hôtel Particulier ouvert sur le monde. 

La circulation dehors ne s’est pas arrêtée pour l’occasion.
Sait-elle au moins ce qu’il se tisse à quelques mètres d’elle, au coeur de Paris, à cette adresse mythique ? 
 
Dans la lumière du jour, sans mise en scène tapageuse et sous tous les angles, au beau milieu d'un gratin de spectateurs-trices plus ou moins incognito triés sur le volet, rapporteurs-ses connecté-e-s, un oasis de poésie, une jungle luxuriante sans frontière s’incarne sous les traits de silhouettes remarquablement dessinées, aux peaux de velours et à la beauté impertinente.
 
"What did you except ?"
 
Le féminin est ici porté à un tel degré d’excellence, hors des sentiers battus de la séduction, qu’il introduit des revendications féministes dans les moindres détails des modèles présentés.
 
Des poches aux veste (clin d’oeil à la Tenue d’abri de 1939 ?), des sandales plates, des cheveux libres, des visages sans fard, des bijoux avec parcimonie qui rappellent les baguettes de sourciers, les trésors ne sont pas ceux dont on se pare et s’enorgueillit mais ceux que l’on découvre au gré des aventures.
 
Retour aux sources de l’art d’Elsa.
Les transparences superposées dévoilent une sélection hors pair des matières et une maîtrise des broderies qui donnent vie aux rêves les plus fous.
 
Les femmes Schiap’ sont autant de prêtresses, de fées, d’amazones à l’avant-garde. Loin des contes à l’eau de rose, elles foulent sans en faire jamais mention, les interdits et tabous de notre temps : celui qui passe et qui s’inscrit sur notre visage, l’impératif de plaire au prix de sa chair, le luxe dans une tour d’ivoire.
 
Ici, on touche du doigt à un idéal qui n’a rien d'utopique. Chez Schiaparelli, la haute couture n’est pas moins inaccessible qu’ailleurs, à la différence que sa force est palpable, vitale et sa traduction portable. 
 
Ce dernier défilé est une nouvelle preuve, s’il en fallait, que Bertrand Guyon, directeur du style, excelle en tant que maître de cérémonie, orchestrant avec autant de délicatesse que d’assurance, une couture vivante, audacieuse, qui n’a pas besoin de démonstration ostentatoire pour en assumer le rang.
 
La messe - païenne - est dite. 
Modèle Makeda, photo du défilé Haute Couture Printemps Été 2018

Modèle Makeda, photo du défilé Haute Couture Printemps Été 2018

Modèle Elyssa, photo du défilé Haute Couture Printemps Été 2018

Modèle Elyssa, photo du défilé Haute Couture Printemps Été 2018

Modèle Rosalie Gicanda, photo du défilé Haute Couture Printemps Été 2018

Modèle Rosalie Gicanda, photo du défilé Haute Couture Printemps Été 2018

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 17:52

Une jeune fille rangée se découvre un penchant pour la chair.

Voyage initiatique, d’amour et de sororité.

L’héritage est une fatalité.

 

Héroïne sans fait d’arme.

Pas une larme pour la monstruosité.

Veto levé après une épreuve christique.

« Mangez, ceci est mon corps ».

 

Dans la bouche, le goût de rouille.

Sous la douche, les liens du sang.

Du sexe à l’ouvrage.

Du corps à l’outrage.

 

Sa vocation cache un secret de famille.

On n’évite pas le sacrifice.

 

Avec des poils à épiler, de la sensualité et de la bestialité sans cruauté,

Grave est une pépite unique en son genre.

Il y a à voir et à dévorer.

 

Junior is dead.

Juliette rêve alors de bouffer son Roméo homo.

 

Nos bas instincts sont en émoi.

On ferme les yeux parfois.

Et alors on s’y voit.

Croquer dans notre prochain,

Saignant ou à point.

Grave de Julia Ducournau

Grave de Julia Ducournau

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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 17:22

Elle déteste cette ville.

Mais ici ou ailleurs…

Elle y revient après des années d’absence.

Elle y erre dans les rues, la nuit pour fuir cette nouvelle solitude.

 

Elle est à l’opposé de ces filles sur Instagram.

Loin de cette évanescence fabriquée, de ce naturalisme maniéré et même parions-le de ces photos retouchées.

 

Trop maquillée, mal fagotée, Paula (Laetitia Dosch) n’est pas Jeanne, Inès, Caroline et toutes ces filles qui déclarent haut et fort qu’elles mangent ce qu’elles veulent, fument comme des pompiers, ont des cheveux en pleine santé et ne semblent pas être contraintes de se réveiller aux aurores pour gagner leur croûte. En effet, elles vivent d’amour, de vin et des bons plans des copains. Elles sont jolies, ne passent pas souvent le périph mais expliquent à la terre entière comment tartiner sa baguette de pain et porter son béret sur le côté.

 

Paula s’en fout de son tour de taille. Elle a d’autre chat à kidnapper. Elle a faim. Comment trouver un toit et remplir un frigo qu’elle n’a pas quand on vient de se faire larguer par son Pygmalion, pour qui on a tout plaqué, dix ans auparavant, le bac à peine en poche.

 

C’est l’histoire d’une rupture, c’est l’histoire d’une mue, c’est l’histoire de retrouvaille, c’est l’histoire d’une non de deux, non de trois rencontres aussi improbables que fondamentales. C’est l’histoire d’une parisienne qu’on imagine de banlieue, une fille fragile plus forte que n’importe qui, pour qui on a froid, on a peur, pour qui on espère même le moins pire et qui nous démontrera que la parisienne – la vraie – n’a pas peur de transpirer et de se décoiffer pour se libérer des clichés et se prouver qu’elle peut y arriver, par elle-même, pour elle-même.

 

En aparté, on souligne ce prétendu hasard d’une Caméra D’Or qui récompensa en 2017 « Jeune Femme » de Léonor Serraille, un an après « Divines » de Houda Benyamina, complétant ainsi le portrait de femmes d’aujourd’hui aussi indépendantes que combattives toutes dans un style unique, mais bel et bien ancrées dans la vraie vie – même si c’est du cinéma.

Jeune Femme de Léonor Serraille, en salle actuellement

Jeune Femme de Léonor Serraille, en salle actuellement

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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 17:43

Longtemps je me couchais

Je rêvais à d’autres résolutions.

Longtemps je m’endormais

J’oubliais mes obligations.

Je rallumais parfois,

Je griffonnais quelques idées sur l’oreiller.

Compilées. Inachevées. Entachées des prérogatives à assumer.

Pour garder la face, rester au niveau de l’eau,

Ne pas se noyer dans une ivresse sans fête.

 

La perspective de nuits hachées.

La perspective de ces journées gâchées.

La perspective d’être à bout de souffle.

Paralysie.

Je cherchais la sécurité d’un corps retrouvé

La sérénité d’une tête ordonnée.

Un nouveau souffle, la force pour cette nouvelle vie.

Avec une obsession, ne rien devoir à mon prochain.

Assurer, pour mon salut et celui des miens.

 

Je rongeais mon frein.

Je décortiquais cette panne sèche.

A l’ouvrage, le cœur à vif alors sous vide.

Les angoisses.

Les grands écarts.

Blindage pour ne pas vaciller.

Colmater les failles et s’enfuir loin des vagues.

Il a tout pompé. Je le voulais.

Ai-je des regrets ?

 

Ni un sacrifice,

Ni un sacrilège.

Mais une dévotion que je voulais parfaite,

Entière pour ne jamais être rendue coupable…

 

Aujourd’hui, il connaît les règles.

Il apprendra les lois. Il jouera avec les limites.

Son éducation est sur les rails.

Ma rééducation est au programme. Sentimentale.

 

S’autoriser les musiques lacrymales,

Les intrigues à rebondissement,

Les heures de vérité, les heures perdues,

Les nuits à se retrouver.

 

Il m’en voudra tôt ou tard.

Il m’aimera aussi pour ça.

Il viendra m’embrasser,

Il me demandera de lui pardonner.

 

Il usera et abusera de cette attention particulière.

Il jalousera quiconque s’immiscera entre lui et moi.

Un jour il comprendra que personne n’aura ce pouvoir, jamais.

Un jour, j’accouchai de lui à jamais.

Seonna Hong, In Our Nature - Hashimoto Contemporary

Seonna Hong, In Our Nature - Hashimoto Contemporary

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Cha - dans Maïeutique Mother Femme
26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 12:37

Sur scène.

Économie du corps. Économie du décor.

Blanche Gardin ne bougera pas un orteil de toute la représentation.

Si elle ne portait pas cette robe remarquable, à contre-emploi et comparable à celle de Cécile Duflot dans l’hémicycle, notre regard n’aurait rien sur quoi se poser, s’interroger.

Le piège se referme déjà, et pourtant, on ne sent rien encore.

 

Elle parle toute seule, face à une salle pleine qui est toute ouïe.

 

La réflexion formulée tout haut est aiguisée, acérée, elle tranche avec tout a priori, toute idée qu’on aurait sur ce « genre » de femme. Quelle femme.

 

Simone n’est pas loin.

Ça nous rassure, ça nous amuse aussi.

Et avec elle, rien ni personne n’est épargné. Impudique, tout y passe.

Le salasse, le salop, la solitude, la servitude… la sodomie… Nos certitudes.

 

Derrière les blagues de caca dont on est certaine qu’Ali Wong aurait aimé revendiquer la maternité, la finesse d’une analyse sur notre monde et notre rôle à composer avec, nous ramène à nos vieux démons.

 

C’est drôle et puis rapidement ça ne l’est plus.

On sent la terre glisser sous nos pieds. On va être enterré vivant.

On commence à douter de ce que nous avons sous le nez, ce pour quoi on a signé, un stand-up à vocation comique. On s’esclaffe une fois ou deux encore, histoire de reprendre notre souffle. Puis, on ravale notre salive. Et un malaise nous envahit. On est passé du côté obscur de la force de Blanche. On a envie comme un instinct de survie de s’enfuir mais rien y fait, on reste pour suivre la leçon jusqu’au bout – pour entendre la sentence. Thérapie de groupe ? Nos voisins des deux sexes ont encore le sourire. De façade ?

A la lumière de Blanche, la vérité se révèle entre gris clair et gris foncé.

 

Les derniers mots prononcés, le public se lève pour applaudir, pour sortir la tête de l’eau.

Ça a l’air de ne lui faire ni chaud ni froid à Blanche. Elle reste de marbre.

Elle n’aura pas mâché ses mots. Elle n’aura jamais choisi la facilité et essayé de nous attendrir, de nous émouvoir, de nous séduire.

 

La vie, nous rappelle-t-elle, n’est pas rose.

Tant mieux, car avouons que Barbie n’a jamais été notre tasse de thé.

A la différence de Blanche, avec qui on rêverait de passer une soirée alcoolisée.

Blanche Gardin

Blanche Gardin

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 10:38

Ce matin, en écoutant Gloria Gaynor, flashback au lendemain de la victoire de l'équipe de France de Football en 98 face au Brésil. Il faisait chaud, nous étions en juillet, nous n'avions pas 18 ans. Nous étions une Nation, une et indivisible, black blanc beur. Nous n'avions pas peur. Nous nous sentions libres, légers. Nos rêves n'avaient aucune limite. Nous étions plein d'amour pour nos prochains. Nous parlions foot, même ceux qui s'en foutaient. C'était il y a presque 20 ans. C'était hier, c'était il y a un siècle. Pour une raison que j'ignore, ce matin, je veux faire des câlins et croire encore que nous pouvons vivre de tels moments, et pas seulement quand la balle est dans notre camp.

 

 

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  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
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