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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 18:41

Ce n’est pas la porte à côté.

On nous avait prévenus : 

« Ne prévoyez rien à la suite, et prenez le temps d’y aller, savourez ».

 

On arrive le ventre plein et la tête vide d’a priori, vernis d’avoir des amis qui nous ont fait ce cadeau. Ravis de plonger dans l’inconnu, à la frontière du réel, au milieu du bois.

On nous place au premier rang. Si le besoin s’en faisait sentir, il nous serait impossible de partir incognito. On a le nez dans le décor, une chambre. Aussi, pas le droit de s’assoupir, on se ferait griller au premier clignement de paupière*. On se tient droit sur le banc des invités. On attend quelques instants que le voile vaporeux qui fait office de rideau se lève et que le spectacle commence.

 

En quelques secondes, on est happé, propulsé en Inde, dans la moiteur d’une nuit rêvée. L’histoire n’a que peu d’importance tant cette pièce embrasse les peurs actuelles avec une aisance et une maîtrise sans jamais faire la leçon et jouer de misérabilisme. C’est riche de sens, rempli de références, sensible et magique. Les cauchemars les plus profonds se mélangent à une imagination débordante. On danse, on invoque les esprits, on révise les classiques, on questionne les apparitions, on pleure aussi - parfaite catharsis. Mais cette chambre si elle est le théâtre d’un monde à la dérive, est méticuleusement ordonnée, rien n’y est facile, tout y est réfléchi, pensé. Les doutes qui traversent la pièce, s’ils n’accouchent pas de solutions évidentes, n’en demeurent pas moins des repères pour éviter la dérive de nos âmes.

 

Dans cette chambre qui n’est autre que la nôtre, dans cette insomnie imposée par d’autres, dans la recherche de ce temps perdu, les démons luttent avec notre ego, notre volonté de changer le monde et ce sentiment d’impuissance qui nous submerge trop souvent quand le soleil se couche.

 

On cherche la lumière, le moindre signe d’humanité dans ce fracas que rien ne semble perturber.

 

C’est parfois naïf. Et alors ? Pourquoi nous méfier, refuser les bons sentiments, ne serait-ce qu’une fois ? Leur donner leur chance, croire en leur pouvoir face aux coups tordus qui ne donnent que trop peu de résultats satisfaisants ?

 

Loin d’être une utopie, cette chambre en Inde fait l’effet d’une cure d’innocence, et réveille en nous, l’envie d’un printemps solaire, ici et ailleurs, seule et avec de la compagnie.

*On sera tenu en haleine durant toute la pièce sans en perdre une miette.

Une chambre en Inde, création collective du Théâtre du Soleil

Un dimanche au soleil
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Présentation

  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
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