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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 12:37

Sur scène.

Économie du corps. Économie du décor.

Blanche Gardin ne bougera pas un orteil de toute la représentation.

Si elle ne portait pas cette robe remarquable, à contre-emploi et comparable à celle de Cécile Duflot dans l’hémicycle, notre regard n’aurait rien sur quoi se poser, s’interroger.

Le piège se referme déjà, et pourtant, on ne sent rien encore.

 

Elle parle toute seule, face à une salle pleine qui est toute ouïe.

 

La réflexion formulée tout haut est aiguisée, acérée, elle tranche avec tout a priori, toute idée qu’on aurait sur ce « genre » de femme. Quelle femme.

 

Simone n’est pas loin.

Ça nous rassure, ça nous amuse aussi.

Et avec elle, rien ni personne n’est épargné. Impudique, tout y passe.

Le salasse, le salop, la solitude, la servitude… la sodomie… Nos certitudes.

 

Derrière les blagues de caca dont on est certaine qu’Ali Wong aurait aimé revendiquer la maternité, la finesse d’une analyse sur notre monde et notre rôle à composer avec, nous ramène à nos vieux démons.

 

C’est drôle et puis rapidement ça ne l’est plus.

On sent la terre glisser sous nos pieds. On va être enterré vivant.

On commence à douter de ce que nous avons sous le nez, ce pour quoi on a signé, un stand-up à vocation comique. On s’esclaffe une fois ou deux encore, histoire de reprendre notre souffle. Puis, on ravale notre salive. Et un malaise nous envahit. On est passé du côté obscur de la force de Blanche. On a envie comme un instinct de survie de s’enfuir mais rien y fait, on reste pour suivre la leçon jusqu’au bout – pour entendre la sentence. Thérapie de groupe ? Nos voisins des deux sexes ont encore le sourire. De façade ?

A la lumière de Blanche, la vérité se révèle entre gris clair et gris foncé.

 

Les derniers mots prononcés, le public se lève pour applaudir, pour sortir la tête de l’eau.

Ça a l’air de ne lui faire ni chaud ni froid à Blanche. Elle reste de marbre.

Elle n’aura pas mâché ses mots. Elle n’aura jamais choisi la facilité et essayé de nous attendrir, de nous émouvoir, de nous séduire.

 

La vie, nous rappelle-t-elle, n’est pas rose.

Tant mieux, car avouons que Barbie n’a jamais été notre tasse de thé.

A la différence de Blanche, avec qui on rêverait de passer une soirée alcoolisée.

Blanche Gardin

Blanche Gardin

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Présentation

  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
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