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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 14:10

Ce matin, vendredi 13, anniversaire.
Sa peau fine. Sa bouche et ses pommettes rosies. Ses mains glacées.
Sa voix qui disparaît. Son fantôme muet qui ne me quitte jamais.

Elle est là. Elle me manque. Elle n’est pas la seule.
D’autres l’accompagnent. Leurs souvenirs murmurent une triste mélodie chaude et salée qui pourrait me plomber.
Debout. Ce n’est pas le sujet.

Une autre année. Une éternité.
Nous allions la célébrer, souffler avec elle ses bougies.
Nous dinions. Les téléphones ont commencé à vibrer. La fin avait sonné.
Dans la lumière bleue des écrans, nos visages se figeaient.
Nous cherchions des preuves de nos ami·es en vie.
Si le hasard n’avait pas frappé. S’ils et elles étaient en sécurité.
L’horreur avait surgi.
L’effroi nous vidait de toute envie.
Nous essayions de ne pas couler dans la nuit.

Cinq ans plus tard, dans cette deuxième vague contaminée, je ne rêve que de les retrouver et danser.
Les frôler, les embrasser dans une foule de sueur. Y Plonger de tout mon cœur.
Sentir la musique dans ma cage thoracique, être bousculée par leurs corps.
Que cette fête ne finisse jamais. Que nous n’ayons pas peur.
Être réchauffée. Être rassasiée de leur présence.
Lire sur leurs lèvres. Sourire à pleines dents.

Il faudra du temps.

Quand le moment sera venu, les barrières levées, nous nous retrouverons.
Nos gestes n’attendront plus aucun autorisation.
Nous ne nous cacherons plus derrière des masques et des postures.
Nous nous aimerons sans distance.

Effronté·es, maladroit·es, sans pudeur.

Nous nous aimerons de toute évidence.

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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 16:26

Derrière la porte

 

Il est 9h07, à une minute près.

Tous les jours de la semaine sauf exception.

Le compte à rebours commence.

Huit heures exactement pour atteindre ses objectifs.

Pas une seconde de plus. On ne compte pas les heures sup.

Ne pas se laisser divertir, attendrir, ramollir, dépasser, submerger, défaillir.

Surveiller, étudier, contacter, créer, produire. Vaille que vaille.

Programmée pour s’affranchir des critiques imaginées, attendues. Parano.

 

Un rendez-vous pour prendre l’air et ne pas devenir folle, plusieurs fois par semaine.

Casser la routine, s’inventer des obligations et une existence dehors.

Garder une activité, s’entretenir avec le monde extérieur.

Bain de foule pour une hygiène quotidienne.

 

Liberté choisie. Rien n’est moins sûr aujourd’hui.

Indépendance au prix fort. Répéter qu’il n’y a aucun regret…

Se persuader. Mentir peut-être. Elle ne sait plus. La frontière est ténue.

Mais personne ne lui demande plus.

Refuser, luxe ultime dans sa situation, qu’elle vient de se payer.

Redoubler d’efforts pour apporter la preuve de sa place dans le jeu, de son importance. Qu’elle n’a pas perdu son temps, qu’elle met toutes les chances de son côté.

Qu’elle a sa part d’utilité, qu’elle ne se laisse pas aller, qu’elle n’en a pas profité.

Non qu’elle n’y était pas autorisée, mais parce qu’elle ne se le permettra jamais.

Reprendre le fil. Se fixer des objectifs.

Des actions à rayer de la liste pour avoir la trace qu’elle est responsable et organisée.

Et surtout pas assistée.

 

Chaque jour, recommencer.

 

Compteur à zéro, croit-elle.

On lui dit le contraire. Que ça paiera (tôt ou tard).

Personne ne s’inquiète d’ailleurs.

Ça la fait flipper, mais ne sourcille pas.

Elle s’est imposée une règle, celle de ne pas faillir en société.

Sourire même bêtement, ça vaut mieux.

Parler de rien, et surtout pas de soi.

La nuit, tous les chats sont gris, alors on oublie.

Au petit matin, la course recommencera et chacun replongera dans ses urgences.

Paraît qu’en ce moment c’est l’enfer sur terre.

Que les calendriers sont pleins jusqu’en juin prochain.

 

Y aller de son couplet, de ses plans sur la comète, de ses victoires en milieu stérile.

De ses doutes qui n’ont de place qu’à la pause déjeuner.

Payer un inconnu pour déverser ses larmes de pauvre fille qui n’a pas le droit de se plaindre. Elle s’excuse de geindre entre ces quatre murs blancs, à heure fixe.

Le canapé est froid et pour la promotion, faudra repasser.

Regard vers l’horizon bouché. Les stores sont baissés. Et les dés jetés ?

Dans la salle d’attente, les hormones sont en ébullition.

Y en a que pour eux. C’est de saison.

 

L’heure est aux derniers préparatifs.

Sur les réseaux, elle fait mine d’exister, de s’épanouir dans cette vie remplie de vide.

Le pire c’est qu’elle y prendrait goût à cette solitude.

Dans quelques semaines, un tsunami la traversera.

Elle le sait. La valise n’est pas encore prête. Le saura-t-elle jamais.

Elle lit, imagine des sorties quand bien même redoute les heures après minuit.

 

Se rêve à partir seule en escapade.

Faire le mur et rentrer à l’aube.

 

Demain, elle sera à nouveau liée.

Elle s’inquiète déjà pour lui, pour eux.

 

Eternelle ritournelle.

Elle ne changera pas. Il est trop tard.

Elle consulte des ouvrages qui ne parlent que de ça.

Et rien, pas même les écrits de ses contemporains qui racontent la même histoire

depuis la nuit des temps, la remet sur le droit chemin.

 

Alors…

 

Alors rien.

Elle espère qu’elle y verra plus clair demain.

Et que cet été sera bien.

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 14:30

Messages à la pelle.

Destination. Organisation. Provisions.

Le féminin l’emporte sur le masculin.

#chargementale

 

Rien n’oublier pas même la lotion anti-moustique.

C’est la saison.

#perfectmother

 

Pousser les murs de nos appartements haussmanniens.

Se retrouver aux beaux jours, en plein air.

En juin, ce sera bien.

 

Comme un premier baiser au goût salé, chips aux parfums qu’on n’osait pas même imaginer.

Chercher et trouver dans chaque nouveau supermarché visité, chaque épicerie fine même et surtout à l’étranger, la perle rare sans huile de palme – ce lien croustillant et à forte valeur ajoutée.

 

Apprendre à partager.

Sauter la sieste.

Tenir son rôle, équilibre des forces.

Parenthèse sans anicroche.

L’éducation des enfants ne fera pas question.

Sans peur ni reproche.

 

Vannes sans limite de péremption – comique de répétition.

Madeleine de prout, l’option scato adoptée à l’unanimité.

Des règles il en sera question, on ne peut en faire l’exception.

 

Le point sur nos vies, nos envies…

Entretenir ce lien malgré la distance, les enfants, le quotidien.

Les absents.

On n’est pas si loin. On en a besoin.

 

Amitiés nées, partagées sur les bancs de la fac, dans une classe prépa, dans une chambre d’internat, lors d’un premier CDI, c’était dans d’autres vies.

Les amours de nos amis, il en va sans dire, entrent dans la ronde.

Plus on est de fous, plus on rit.

 

Il y a une décennie, nous pataugions dans le houblon.

L’odeur des saucisses cramées ne nous quittait pas avant les premières heures du lendemain.

Nos périnées n’avaient pas encore morflé.

Ils et elles nous suivaient.

En héro-ïne-s très discrets.

Avec, nous étions invincibles.

Avec, le monde reste à nous.

 

Jamais d’effusion, ni de promesses à l’emporte-pièce.

Aucune ombre au tableau encore ce jour.

Une après-midi sans loup.

Nos vies s’entremêlent.

Et on voudrait que jamais la lune ne se lève.

 

Il y aura des restes.

Partage équitable.

On repart plus chargé, rechargé.

 

Dans le RER du retour, la vérité sortie de la bouche de l’enfant innocent, évidente.

« C’était bien ».

 

Avant de s’endormir, on rêve à programmer de nouvelles équipées.

D'amourmitié.

Le Déjeuner sur l'herbe, Claude Monet

Le Déjeuner sur l'herbe, Claude Monet

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  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
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