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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 11:12

Torpeur dominicale.

Météo estivale.

Foule sentimentale.

 

Rue Soufflot,

Place est faite à une femme,

Une fois n’est pas couture.

 

Sans un mot.
Dans la cuisine,

Parité parfaite.

 

Partition à quatre mains

Pour un taboulé parfumé

À la menthe hachée.

 

Communier

Autour d’un déjeuner en paix.

Sainte Trinité.

 

Cérémonie historique,

Écoutée religieusement

Sur les ondes publiques.

 

L’entrée de Simone au Panthéon.

Dans son ombre, dans ses pas,

L’amour qui ne quitta jamais ses bras.

 

Sa voix, les hommages anonymes,

Les commentateurs qui comblent le vide,

Le cœur et l’esprit.

 

Et le silence des camps aussi. 

 

À nos filles, à nos fils.

De la pudeur. Et la grandeur d’une vie.

De l’horreur aux honneurs.

 

Il faudra dire et ne jamais faillir.

Être toujours dignes et intangibles.

Que rien n’est jamais acquis.

 

A jamais, rester éveillés.

Nous rappeler ce matin d’été.

Que nous fassions bon usage de l'héritage de cette femme pour nous protéger de l’obscurité.

Simone Veil

Simone Veil

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 10:13

Parce que la musique paraît-il adoucit les mœurs mais aussi met du baume au cœur à l’ouvrage, en cette journée internationale de lutte pour les droits des femmes, proposition d’une playlist de huit morceaux pour tout-e à chacun-e à écouter et compléter sans modération.

 

Claire Laffut – Vérité

 

M.I.A – Bad Girls

 

YAS – Get it right

 

Fishbach – Un autre que moi

 

Las Aves – N.E.M.

 

La Femme – Si un jour

 

Peaches – Boys wanna be her

 

Julie Roué – Revolution Day

 

Las Aves - N.E.M.

Las Aves - N.E.M.

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 13:15

Au cœur de la Fashion Week parisienne et à une semaine de la Journée Internationale des droits des Femmes, l’annonce d’une nouvelle ligne Homme par Jacquemus à la fin de son défilé Femme prêt-à-porter Automne-Hiver 2018-2019, faisant suite à la déclinaison du vestiaire Isabel Marant pour les mâles ou encore la très attendue nouvelle ligne Homme de Céline par Hedi Slimane pose question. L’homme serait-il l’avenir de la femme dans cet univers parallèle mais ô combien palpitant qu’est la mode, toujours - encore - à l’avant-garde ?

 

Comment analyser ces annonces en contradiction apparente avec deux phénomènes majeurs qui actuellement structurent les débats de société ? En effet, entre la parole des femmes qui se libère pour dénoncer des comportements archaïques et revendiquer l’égalité de leurs droits et une liberté entière de leurs actes, et la remise en cause du schéma binaire réducteur soi-disant complémentaire « homme-femme » aujourd’hui éculé et obsolète au vu des transformations profondes de nos identités, l’enjeu ne serait-il pas un dépassement (et non une annihilation) des codes genrés davantage qu’une affirmation de deux vestiaires distincts ?

 

Certains ont déjà pris la tangente et proposent des shows « CO-ED » (mixtes) tels que Burberry, Vivienne Westwood, Kenzo ou encore Balenciaga. Le label Vêtements d’ailleurs depuis ses débuts propose un dressing « no gender ». Au-delà des pièces présentées, la confusion des genres s’incarne de plus en plus chez les mannequins. Comment ne pas mentionner à ce titre l’initiative de Playboy d’avoir choisi une beauté transgenre, pour sa couverture de novembre dernier.

 

Qu’implique l’élaboration d’un vestiaire homme qui plus est pour une maison comme Jacquemus ? Ses mannequins seront-il aussi sensuels que le sont ses créatures féminines ? Aurons-nous autant de plaisir à apprécier la douceur d’une épaule masculine qui se dévoile sous un tissu évanescent, le coup de pied d’un bellâtre ou encore la cambrure de ses reins ? En clair, le corps des hommes sera-t-il autant un objet de fantasme ? Ou jouera-t-il avec une androgynéité nouvelle ? Nous sommes impatients de découvrir ce que Simon Porte Jacquemus, le créateur, nous réserve et s’il aura idée d’aller piocher dans le dressing de ses amies, mère, sœurs pour inventer l’homme à son image.

 

Car si le corps des femmes a trouvé quelque réconfort et émancipation chez des créateurs tels que Chanel, Yves-Saint-Laurent pour ne citer qu’eux, n’ayant aucun tabou à emprunter au vestiaire des hommes, quelle pièce pourrait à ce point rebattre les cartes du jeu dans un mouvement inverse ? Le paradoxe étant que les basiques aux attributs féminins ont été des symboles d’inégalité pendant des siècles.  Illustration par un exercice pratique : « comment répondre à un garçon de quatre ans qui demande pourquoi lui ne porte jamais de jupe ou de robe contrairement à ses amies à l’école ? ». (N’hésitez pas à partager vos réponses).

 

Les clichés vestimentaires ont la vie dure, au-delà de l’incontournable bleu pour les garçons/rose pour les filles. Et restent très codifiés socialement. Pour preuve, la dernière initiative de La Redoute qui a l’occasion de la Journée de la Femme digitale en avril prochain, lance une ligne de chemises blanches personnalisables pour « donner envie aux femmes d’oser, d’innover et d’entreprendre et installer cette ligne de chemises blanches comme un symbole de l’entrepreneuriat et de l’intrapreneuriat au féminin » (dixit le communiqué de presse). Est-ce futé que de jouer avec les codes du patriarcat (cf. les cols blancs versus vers les cols bleus) afin d’appeler à l’émancipation des femmes ? Le débat est ouvert.

 

Autre interrogation légitime même si relevant d’un mauvais esprit à propos, le prix des pièces pour hommes sera-t-il 24% plus cher que celui des pièces pour femmes ? Si l’argument n’est pas vendeur (encore que), il n’en ferait pas moins un excellent coup de communication.

 

Outre la curiosité suscitée par ces révélations et les interrogations d’ordre esthétique qu’elles soulèvent (L’homme Céline sera-t-il aussi cérébral que son alter-ego féminin ? Jack, le jean d’Isabel Marant Homme, deviendra-t-il un objet de désir et remettra-t-il le boyfriend sur le devant de la scène ?), espérons que cette dynamique paritaire – est plus encore égalitaire – dans les vestiaires mette à jour la seule vraie règle du genre qui soit, à savoir, qu’il y a autant de différences entre un homme et une femme, qu’il y en a entre deux femmes ou deux hommes, ou deux individualités qu’importe la façon dont elles se définissent l’une et l’autre.

 

La guerre de tous les sexes pourrait-elle finir au placard ?

Coming (out) soon.

Hedi Slimane ; collection Homme Isabel Marant ; Simon Porte Jacquemus

Hedi Slimane ; collection Homme Isabel Marant ; Simon Porte Jacquemus

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 12:16

Dans le désert, tomber amoureuse d’un mirage en bottes et chapeau de cow-boy.

Grain de sable qui enraye la mécanique.

Le décor est planté et Cupidon n’a pas manqué une occasion pour appliquer une recette, est-elle non moins sans danger pour les personnes concernées ?

 

Objet transitionnel de cette révolution en marche : un taciturne à cheval.

Réveil d’un désir enfoui comme du pétrole sous la glace.

Voyage au centre de la tête et des reins de notre héroïne qui rêve de retrouver l’ivresse des plus belles années.

Il n’en faut pas plus pour alimenter le fantasme et bousculer le couple aux corps évanouis.

L’ingénue et son mari qui ont passé l’âge des premiers émois, tenteront une approche pour le moins inattendue à l’heure de la surenchère et du numérique : l’écriture épistolaire.

 

Noir sur blanc, elle et lui décortiqueront sans langue de bois et sans feindre une pudeur malvenue, les étapes de cette épiphanie. Dialogue avec son partenaire officiel en toute impunité. Les cartes de l’intimité sont rebattues. La routine laisse place à un ego trip en duo aussi inédit que déroutant.

 

Amoral, instructif et inspirant, cette déclaration d’amour autant que manifeste d’envie d’avoir envie interpelle par sa sincérité troublante.

 

Ce qui nous agace d’abord, ces mots sans retenue qui bousculent sans qu’on s’en aperçoive nos tabous et les mettent à jour, nous amène à remettre en question nos certitudes, nos limites et à nous avouer nos propres désirs aussi incongrus, anodins et jusqu’alors non assumés ni même exprimés.

 

La quête d’une possible oasis de liberté, au cœur de cet infini de possibles se révèle être la première étape d’un voyage qui, espérons-le, ne restera pas spirituel.

 

La Catharsis est en marche.

A lire ou à regarder, vous avez le choix pour votre entrée en matière.

 

 

Au commencement était le verbe
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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 12:37

Sur scène.

Économie du corps. Économie du décor.

Blanche Gardin ne bougera pas un orteil de toute la représentation.

Si elle ne portait pas cette robe remarquable, à contre-emploi et comparable à celle de Cécile Duflot dans l’hémicycle, notre regard n’aurait rien sur quoi se poser, s’interroger.

Le piège se referme déjà, et pourtant, on ne sent rien encore.

 

Elle parle toute seule, face à une salle pleine qui est toute ouïe.

 

La réflexion formulée tout haut est aiguisée, acérée, elle tranche avec tout a priori, toute idée qu’on aurait sur ce « genre » de femme. Quelle femme.

 

Simone n’est pas loin.

Ça nous rassure, ça nous amuse aussi.

Et avec elle, rien ni personne n’est épargné. Impudique, tout y passe.

Le salasse, le salop, la solitude, la servitude… la sodomie… Nos certitudes.

 

Derrière les blagues de caca dont on est certaine qu’Ali Wong aurait aimé revendiquer la maternité, la finesse d’une analyse sur notre monde et notre rôle à composer avec, nous ramène à nos vieux démons.

 

C’est drôle et puis rapidement ça ne l’est plus.

On sent la terre glisser sous nos pieds. On va être enterré vivant.

On commence à douter de ce que nous avons sous le nez, ce pour quoi on a signé, un stand-up à vocation comique. On s’esclaffe une fois ou deux encore, histoire de reprendre notre souffle. Puis, on ravale notre salive. Et un malaise nous envahit. On est passé du côté obscur de la force de Blanche. On a envie comme un instinct de survie de s’enfuir mais rien y fait, on reste pour suivre la leçon jusqu’au bout – pour entendre la sentence. Thérapie de groupe ? Nos voisins des deux sexes ont encore le sourire. De façade ?

A la lumière de Blanche, la vérité se révèle entre gris clair et gris foncé.

 

Les derniers mots prononcés, le public se lève pour applaudir, pour sortir la tête de l’eau.

Ça a l’air de ne lui faire ni chaud ni froid à Blanche. Elle reste de marbre.

Elle n’aura pas mâché ses mots. Elle n’aura jamais choisi la facilité et essayé de nous attendrir, de nous émouvoir, de nous séduire.

 

La vie, nous rappelle-t-elle, n’est pas rose.

Tant mieux, car avouons que Barbie n’a jamais été notre tasse de thé.

A la différence de Blanche, avec qui on rêverait de passer une soirée alcoolisée.

Blanche Gardin

Blanche Gardin

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 16:45

"Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing, pas une vague promotion de la fellation ou de l'échangisme, il n'est pas seulement question d'améliorer les salaires d'appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air."

Virginie Despentes, King Kong Théorie, Grasset.

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  • : Vodka Lemoni
  • : Pas de justification. Pas de démonstration. Que des tripes avec du style et quelque élégance. Eviter de tomber dans le piège de l'egotrip "Miroir mon beau miroir". Sortir de l'éternelle fatalité "Vous êtes de ceux qui mettent leur orgueil dans ce qu'ils ne font pas" hein Simone. Et pour rendre à Patrick ce qui est à Patrick : "Il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets" So, que la fête commence !
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